Mardi 14 octobre, une nouvelle belle journée de vent de sud s’annonce. 5 heure. L’équipe pédagogique et scientifique du Parc du Marquenterre s’attelle à l’installation d’une dizaine de filets tendus. Un cd en boucle est mis en route, il appelle mésanges, roitelets et autres petites gentes ailées. La station de baguage est opérationnelle.
Merles noirs et grives musiciennes sont les plus matinaux ! Les turdidés (nom de famille) peuvent en effet migrer en pleine nuit. Mais bientôt les filets se couvrent de mésanges noires, bleues et charbonnières, de roitelets huppés… de véritables guirlandes vivantes ! La famine oblige des masses de mésanges à un exode alimentaire. De nombreux kilomètres pour de petites mésanges d’une dizaine de grammes !
La seconde surprise vient d'un petit groupe de becs croisés attirés par l'effervescence ambiante. Une jeune femelle trop curieuse se fait prendre. Il est impressionnant de voir de près le bec aux mandibules croisées de cet oiseau nordique. Une première pour la station de baguage de la réserve !

.
Le bec croisé
Le roitelet triple-bandeau A chaque tournée, les sacs de baguage ne sont parfois pas en nombre suffisant pour récupérer tous les oiseaux. Dans la période la plus intense il faut agir vite et bien. Les oiseaux sont juste identifiés, bagués, âgés et sexés avant d'être relâchés. Les petits prisonniers d'un instant ne sont alors ni pesés, ni mesurés et la priorité est donnée au démaillage. Bagueurs et aides bagueurs ont tous « assurés » par leur professionnalisme et leur calme en baguant plus de 450 oiseaux en une matinée. Cette activité est indispensable à la compréhension de l'évolution de notre environnement. Il est régi strictement par le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Fin de la tournée, 14h.
Espérons maintenant qu'au moins un de ces oiseaux nous apprennent son origine exacte pour permettre de mieux percer les mystères des migrations et des phénomènes d’invasions…